Retour aux sources - Taghazout
Il y a 10 ans, je suis tombée amoureuse de Taghazout, une petite ville marocaine au bord de l'océan. Rien de particulièrement attirant au premier abord : c'était poussiéreux, sans palaces ni hôtels luxueux, juste quelques surfeurs égarés. Mais il y a quelque chose dans l'air ici, quelque chose de simple et pur qui m'a envoûtée. Je m'y suis retrouvée un peu par hasard, en cherchant une destination pour un séjour "surf et yoga" après une rupture. C'était une période où j'avais besoin de fuir Paris, mon métier dans la mode et une relation qui ne me correspondait plus. J'avais déjà surfé, j'étais diplômée en yoga, mais je n'en faisais pas encore ma profession. Je faisais cela par passion, pour échapper à l’effervescence de la mode. À l'époque, tout le monde m’appelait "la yogi", bien avant que ce soit un terme à la mode.
Quand je suis arrivée à Taghazout pour la première fois, je n'ai pas été particulièrement charmée. Le décor ne me semblait pas très beau. Mais en levant les yeux au ciel, je suis tombée amoureuse de ce ciel étoilé. Et c'est là que tout a commencé. J'ai surfé un peu, traîné avec les locaux, et j'ai peu à peu compris ce qui me fascinait ici. C’était comme une connexion instantanée avec l’endroit. C'était trop tard, Taghazout avait pris mon cœur.
J'y suis retournée sans cesse, à chaque off. C'était bon marché, facile, rapide, et je commençais à connaître l’endroit comme ma poche. Il n'y avait jamais personne à l’aéroport. J'avais mon chauffeur de taxi, toujours le même, qui savait où il devait me déposer sans poser de questions. Un jour, je suis passée devant un terrain en construction, avec des cabanons en train d'être montés. J’ai su à ce moment-là que j’allais y travailler. C'est devenu l'Académie de Surf. Quelques mois plus tard, j'ai été appelée pour devenir la responsable du secteur bien-être. J'avais quitté la France, quitté Chanel, quitté mon ex, pour m'installer là, sans trop réfléchir.
Je passais mes journées entre le yoga et le surf. Et puis j'ai rencontré celui que je pensais être l'homme de ma vie. Ensemble, on a ouvert un surf camp. Et puis il y a eu 2020 et le confinement. Tout s'est écroulé. J'avais passé six années à vivre par passion, mais tout ça a volé en éclats. J'ai perdu mes cheveux, ma confiance, ma joie. Cette histoire m’a détruite, mais elle m’a aussi appris. J'ai fini par repartir chez mes parents à Belfort. Le contraste était radical, mais j'ai appris à m'aimer à nouveau.
Je suis retournée à Paris, mais la situation était difficile. Le confinement avait fait fermer toutes les salles de sport, et c'est là que j'ai pris la décision de repartir à Taghazout. Mais quand je suis revenue, tout était désert, les commerces fermaient un à un… Il fallait se réinventer. J’ai décidé de m’installer à Belfort, auprès de ma famille. Puis, avec mes amis, nous avons commencé à organiser des séjours autour du surf et du yoga dans une grande maison que j’avais achetée. Je l'avais achetée pour un projet en couple, mais c'était sans lui. Valentin, mon moniteur de skate, est devenu mon compagnon. Nous avons démarré une nouvelle aventure ensemble : des séjours skate et yoga.
Avec Valentin, j’ai commencé à reconstruire ma vie. Nous avons découvert une nouvelle dimension du skate ensemble. Et Valentin, qui n'avait jamais envisagé de se lancer dans cette voie, a fini par se former officiellement pour devenir moniteur de skate et ouvrir sa propre école.
La vie est pleine de surprises et, après avoir traversé des moments difficiles, je me suis retrouvée en paix. Le 27 février 2025, Valentin et moi avons pris un vol pour Taghazout. J’avais un peu peur, mais j’étais tellement heureuse de revenir à cet endroit qui m’avait tant manqué. Enfin, je pourrais faire découvrir Taghazout à Valentin. Et, en effet, trois ans après, beaucoup de choses avaient changé. Le skate park, où personne ne mettait les pieds avant, est devenu l’un des spots les plus connus au monde. Des grands noms du skate, comme Tony Alva, y ont même fait des apparitions.
Dès notre arrivée, la boule dans ma gorge, présente depuis si longtemps, a disparu. Je me suis sentie à la maison. J'ai retrouvé mon arabe, ma joie, mes désirs… Et, même si tout le monde m'a reconnue (et qu’ils m’ont dit que j’avais changé), je suis redevenue moi-même. Ma peau est plus claire, mes cheveux plus foncés, je suis un peu plus ridée, un peu moins musclée, mais c’est toujours moi. C’est là que j’ai compris pourquoi cet endroit m’avait manqué, et aussi combien c’est difficile de vivre sans l’océan, sans le soleil marocain, sans la gentillesse et la simplicité de la vie là-bas. Mais je suis ici pour ma famille, et ça, aucun soleil ne peut l’acheter. Ce sera ma motivation pour traverser les moments plus difficiles. Mon échappatoire n’est pas loin, et elle reste accessible.
Nous avons logé à Munga Guest House, un véritable petit paradis. J’ai voyagé, j’ai vu de magnifiques hôtels dans les Maldives, des palaces, mais rien ne vaut cet endroit. Munga a du cœur, de l'âme, tout y est beau, tout y sent bon, tout y est délicieux. Valentin a adoré. Il a découvert une autre facette de moi, il a enfin compris pourquoi cet endroit est si important pour moi. C’est la vraie moi qu’il a rencontrée là-bas. Et je suis tellement heureuse qu’il aime autant Taghazout que moi.
Le dernier soir, pour mon anniversaire, nous avons décidé d'aller dîner aux Favélas, un restaurant sur la terrasse de Munga. La cuisine est tout simplement incroyable : poulpe, calamars, ceviche, tartes, plancha... Même le cheesecake japonais était une tuerie. Un dîner exceptionnel pour marquer la fin de notre séjour. Le lendemain, nous avons quitté l’endroit, les larmes aux yeux, sur le chemin de l’aéroport. Le matin, j'ai eu la chance de célébrer mon anniversaire face à l'océan avant de m'envoler pour retrouver ma famille.
Mes bons plans à Taghazout
Vous me demandez souvent mes bonnes adresses à Taghazout, alors voilà :
Pour le taxi :
Contactez Ahmed au +212763255336. Dites-lui que vous le contactez de ma part, et il viendra vous chercher à l’aéroport avec une pancarte.Où dormir :
Munga Guest House est un endroit paradisiaque avec un petit-déjeuner exceptionnel, offrant une vue sur l'océan et la baie de Taghazout. Les produits sont frais et raffinés. C'est un lieu à taille humaine, avec peu de chambres, mais chacune décorée avec un goût unique et un style affirmé, qui n'existe nulle part ailleurs. Les lits y sont super confortables.
Pour un budget plus petit et un style backpack, voyez avec Ilyass de "We Surf". Il propose des packs très abordables en plein cœur de Taghazout, juste derrière la mosquée.
Moi, je vous conseille de loger à Taghazout, pas dans les hauteurs, mais bien en bas, et évitez Tamraght ou Imi Ouaddar. Vous avez tout à portée de main ici !Dîner :
Favélas, le restaurant premium de Munga, sur la terrasse qui surplombe toute la ville, est un incontournable. Pour les soirées fraîches, ils proposent des plaids et des bonbonnes chauffantes. La cuisine est exceptionnelle : poulpe, calamars, poissons, safran, ceviche, tartes, planchas, et même les desserts sont incroyables. Nous avons goûté le cheesecake japonais, une vraie tuerie ! C’est une cuisine raffinée et locale, digne d’un restaurant étoilé en France. En moyenne, comptez 80€ pour deux avec entrée, plat, dessert et boissons. Et oui, ils ont du vin, et du bon vin !Pour le lunch :
Le tajine et les soupes de chez Hassan, en face de la place, derrière les taxis, sont une excellente option pour déjeuner. Vous y trouverez un délicieux tajine pour 3,50€. Je ne le mange pas personnellement, mais je recommande celui au poulet, car il contient du citron confit et des olives marocaines ! En moyenne, comptez 5€ par personne, avec une soupe (harira), un tajine, et un thé marocain. Le décor est brut, local, pas de vue idyllique, mais c’est de la vraie cuisine. En plus, ils ont commencé à mettre des couverts pour les touristes, donc plus besoin de maîtriser l’art de manger un tajine brûlant à la main !
Pour les poissons grillés, c’est directement sur la place, en direction de “Panorama”. Vous ne pouvez pas les rater, car l’odeur de poisson grillé envahit toute la place ! En moyenne, c’est 7€ par personne pour une grosse assiette de crevettes, poulpe, poisson au choix, avec boisson.Shopping :
En bas de chez Munga, vous trouverez des pièces de poterie originales et atypiques. Pour un petit short en éponge ou un poncho d'Aster Surf, contactez mon amie Maxime, qui confectionne des pièces à base de recyclage de serviettes éponges sous sa marque “Pray for Waves”, elle fait aussi d’incroyables séances photos pour immortaliser vos séjours.Pour la location de surf :
Allez chez Rachid de Surf Berbere, à côté de Munga, en face du départ pour le skate park. Il loue aussi des planches de skate trop cool, dont une pour les promenades que j'ai adorée.Pour les cours de surf :
Contactez Ilyass au +212656460313. S'il n'est pas dispo, il vous trouvera quelqu'un de fiable pour vous emmener sur les spots adaptés à votre niveau. Dites-lui que vous le contactez de ma part.
Que mettre dans sa valise ?
📌 Pour le climat
Des sweats et des pulls chauds : essentiel pour les soirées fraîches, même en été. On est au bord de l’Atlantique, et le vent peut vite refroidir l’atmosphère.
Des vêtements légers mais couvrants : pensez à des hauts qui couvrent les épaules, surtout dans l’espace public, par respect pour la culture locale.
📌 Pour se protéger du soleil
Une casquette ou un bucket hat pour se protéger du soleil.
Une bonne paire de lunettes de soleil (la lumière est intense en journée).
Beaucoup de crème solaire (idéalement du zinc pour le visage).
📌 Pour les activités
Une paire de bottines robustes en cuir (ex. : Doc Martens) pour affronter la poussière et la terre, notamment pour monter au skatepark.
Une paire de Vans ou baskets si vous souhaitez skater/ marcher.
Des shorts en jean et des vêtements confortables pour les activités en journée.
Une tenue de yoga pour vos sessions bien-être.
📌 Pour le surf
Un maillot de bain à porter sous la combinaison (notamment si c’est de la location).
Une combinaison de surf : l’Atlantique reste froid, même en été.
Un lycra bien ajusté si vous surfez en été (les vagues restent puissantes).
📌 Pour prendre soin de soi et de la planète
Des produits naturels respectueux des océans.
Utiliser uniquement de l’eau en bouteille : l’eau du robinet n’est pas potable. Le mieux est d’acheter un gros bidon et de remplir sa gourde pour limiter les déchets plastiques.
📌 Petit rappel culturel
Le topless est mal vu dans les pays musulmans, donc on bronze autrement.
Taghazout m’a beaucoup apporté, et je suis ravie de pouvoir partager avec vous ce lieu unique. C'est un endroit où l’on se connecte à soi-même, où l’on trouve la paix. Une expérience que je vous souhaite de vivre.